lundi 27 mars 2017
Prud'hommes: l'ex-agent SNCF qui avait dénoncé des pots alcoolisés débouté
Les prud'hommes de Paris ont débouté lundi l'ancien salarié de la SNCF qui prétendait avoir été "ostracisé" parce qu'il était musulman et avait dénoncé une consommation régulière d'alcool de ses collègues, a constaté l'AFP. Licencié en mars 2013 après une mauvaise évaluation à l'issue de sa première année, Slimane H. avait attaqué l'entreprise ferroviaire pour "discriminations et harcèlement moral" et demandait l'annulation de ce licenciement. Il a été débouté de toutes ses demandes par le Conseil de prud'hommes, selon le délibéré rendu lundi. Les motivations du jugement n'étaient pas encore disponibles. Le jeune homme, qui a depuis repris ses études, va faire appel, selon son avocat Me Antoine Fabre. Il affirmait avoir été le seul définitivement recalé parmi d'autres aiguilleurs stagiaires n'ayant pas satisfait à l'évaluation réalisée une année après l'embauche. Selon son avocat, il n'avait "pas pu bénéficier du repêchage habituel", "en raison de son apparence de musulman convaincu et parce qu'il ne buvait pas d'alcool". Slimane H. avait filmé ses collègues. Dans une vidéo diffusée en juin 2014, l'on voit des agents de la gare de Saint-Lazare à Paris partager un punch dans un local de repos, puis l'un deux se tromper dans un aiguillage. Suite à une enquête interne, huit cheminots avaient été sanctionnés, dont deux de deux jours de mise à pied ferme pour avoir consommé de l'alcool dans un poste de sécurité, selon la SNCF.
mercredi 22 mars 2017
Qui les surveille?
Quand les élus sont au-dessus des lois, peut-on encore parler de démocratie ? C'est la question qui se pose depuis quelques semaines. Fillon a mis en lumière, de par ses affaires mais aussi de par ses réactions, tout ce qui ne va pas dans notre système. Dernièrement, j'ai encore effectué un incentive à La Valette, à Malte pendant lequel j'ai médité la question avec différents invités. Et j'ai vu dans quelle mesure cette affaire a profondément heurté les gens. A gauche comme à droite, le dépit était bien présent. Même les plus fervents supporters de François Fillon le soutenaient parce que les autres candidats leur semblaient trop légers, mais ils étaient tout aussi écœurés que moi par le comportement de leur challenger. Cette controverse a montré les nombreux dysfonctionnements à l'oeuvre dans le système français. Mais le pire, en ce qui me concerne, reste ce qu'a osé faire Fillon après ces révélations. Il a en effet renoncé à toute dignité : il s'est présenté en victime, a dénoncé les officines d'être à l'origine de tout ça, a dénigré les médias tant et plus... Flageller ceux-ci est certes un truc banal dans ce type d'histoires. Mais sur le coup, le clan Fillon a dépassé les bornes. Jean-Pierre Raffarin a tout simplement demandé à ce que les spectateurs huent les journalistes avant l'apparition de Fillon ! De la part d'un ex-ministre, cela en dit long sur l'état d'esprit du clan Fillon ! Notre démocratie a un vrai problème : les députés la considèrent comme une mamelle géante qui leur est due. Les habitudes de Fillon (et depuis si longtemps !) prouvent qu'aucun gendarme ne vérifie les dépenses des députés : ces derniers agissent en toute impunité. Il serait donc plus que temps de recadrer le parlement. D'autant que cela n'aurait rien d'extraordinaire ou de compliqué. Avant Sarkozy, par exemple l'Elysée n'était limité par aucun devoir de transparence. Mais Sarkozy a consenti à ce qu'un organisme surveille le budget de l'Elysée, et depuis, chaque euro qui y est dépensé est rendu public ! Une pratique on ne peut plus normale pour une démocratie, et il faudrait qu'une autorité soit accréditée à contrôler aussi les dépenses parlementaires. Quoi qu'il en soit, cet incentive à Malte m'a ravi. Voici l'agence qui l'a géré, si vous voulez jeter un oeil au programme.
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