mercredi 22 mars 2017

Qui les surveille?

Quand les élus sont au-dessus des lois, peut-on encore parler de démocratie ? C'est la question qui se pose depuis quelques semaines. Fillon a mis en lumière, de par ses affaires mais aussi de par ses réactions, tout ce qui ne va pas dans notre système. Dernièrement, j'ai encore effectué un incentive à La Valette, à Malte pendant lequel j'ai médité la question avec différents invités. Et j'ai vu dans quelle mesure cette affaire a profondément heurté les gens. A gauche comme à droite, le dépit était bien présent. Même les plus fervents supporters de François Fillon le soutenaient parce que les autres candidats leur semblaient trop légers, mais ils étaient tout aussi écœurés que moi par le comportement de leur challenger. Cette controverse a montré les nombreux dysfonctionnements à l'oeuvre dans le système français. Mais le pire, en ce qui me concerne, reste ce qu'a osé faire Fillon après ces révélations. Il a en effet renoncé à toute dignité : il s'est présenté en victime, a dénoncé les officines d'être à l'origine de tout ça, a dénigré les médias tant et plus... Flageller ceux-ci est certes un truc banal dans ce type d'histoires. Mais sur le coup, le clan Fillon a dépassé les bornes. Jean-Pierre Raffarin a tout simplement demandé à ce que les spectateurs huent les journalistes avant l'apparition de Fillon ! De la part d'un ex-ministre, cela en dit long sur l'état d'esprit du clan Fillon ! Notre démocratie a un vrai problème : les députés la considèrent comme une mamelle géante qui leur est due. Les habitudes de Fillon (et depuis si longtemps !) prouvent qu'aucun gendarme ne vérifie les dépenses des députés : ces derniers agissent en toute impunité. Il serait donc plus que temps de recadrer le parlement. D'autant que cela n'aurait rien d'extraordinaire ou de compliqué. Avant Sarkozy, par exemple l'Elysée n'était limité par aucun devoir de transparence. Mais Sarkozy a consenti à ce qu'un organisme surveille le budget de l'Elysée, et depuis, chaque euro qui y est dépensé est rendu public ! Une pratique on ne peut plus normale pour une démocratie, et il faudrait qu'une autorité soit accréditée à contrôler aussi les dépenses parlementaires. Quoi qu'il en soit, cet incentive à Malte m'a ravi. Voici l'agence qui l'a géré, si vous voulez jeter un oeil au programme.