jeudi 9 novembre 2017

Pour améliorer l'enseignement primaire et secondaire

La performance du système scolaire suppose de pouvoir répartir et affecter les enseignants de manière différenciée en fonction des besoins. Pour ce faire, aucune mesure fine et restituée selon plusieurs niveaux de granularité des situations scolaires n’est à ce jour utilisable. L’affectation des enseignants continue à être dominée par un barème d’application automatique qui ne tient pas compte des besoins de l’éducation nationale autre que de nature quantitative et n’intègre pas les compétences spécifiques des enseignants, leur mode d’évaluation n’étant pas prévu à cet effet. L’adéquation entre leur profil et le poste qu’ils sont amenés à occuper est loin d’être garantie, d’autant que le nombre des postes dits à profil, laissant une marge accrue de décision à l’administration, demeure limité et que, même dans ce dispositif, les chefs d’établissement participent peu au choix. L’organisation du service des enseignants reste déterminée par des logiques de corps indifférentes aux conditions réelles d’exercice, ce qui est source d’inégalités entre les enseignants eux-mêmes. L’affectation massive d’enseignants en début de carrière et de remplaçants contractuels dans les postes les plus exigeants demeure un obstacle majeur que le ministère ne sait toujours pas surmonter, les dispositifs mis en place pour accroître l’attractivité de certains de ces postes, principalement au sein de l’éducation prioritaire, étant de trop faibles palliatifs. La difficulté chronique pour couvrir les remplacements de courte durée est révélatrice d’un système de gestion trop rigide pour s’adapter à la réalité quotidienne des besoins du système éducatif, faute de gestion de proximité, d’autonomie donnée aux chefs d’établissement, et de possibilité de moduler le service des enseignants. Cette question illustre la propension du système scolaire à ne pas s’affranchir de ses propres contraintes, quand bien même il s’agit de répondre à des besoins de souplesse et de réactivité accrues.